La Passion Hodler

Francis Reusser

2019 | Long métrage de fiction

Durée: 100min

Victor Zimmer est le Directeur d’une banque régionale, le Crédit Foncier de la Riviera. Lors du jubilé de sa banque, Victor fait connaissance d’Irène Paulhan qui est hôtesse d’accueil pour la soirée. Irène Paulhan est une frontalière: une décennie plus tôt, sa mère l’a jetée à la rue après avoir découvert que sa fille est une prostituée d’occasion. Depuis, Irène traverse le lac Léman depuis Évian pour venir parfois travailler en Suisse.
 
Les festivités passées, Victor achète en garantie d’un emprunt de l’un de ses clients, promoteur immobilier, une peinture du peintre Ferdinand Hodler non signé, représentant une jeune femme et son enfant de un an. Ce soir-là, Irène accompagne Victor dans sa villa où il l’a invitée à finir la soirée. Elle photographie le tableau de Hodler avec son Smartphone.
 
Victor habite la villa Les Narcisses, qui domine le paysage lémanique, au-dessus de Vevey. Les amants d’un soir se séparent au matin, mais lorsque Irène découvre via Internet que le tableau de Hodler est un faux, elle revient l’annoncer à Victor Zimmer. Elle est catégorique : l’original, le vrai, est au Musée Jensisch de Vevey. Perturbé par la découverte de la jeune femme, Victor l’invite à une rencontre mensuelle avec ses amis qui a lieu à la villa le lendemain. Elle fait connaissance ce soir-là d’un oncologue qui s’est passionné pour les représentations de la souffrance et de la mort et a publié un texte à ce sujet accompagné des images peintes par Hodler lors des derniers mois de vie de Valentine Godé-Darel, le modèle qui figure sur la toile de Victor. Le cancérologue propose à Irène de venir le voir à l’université, où il lui projette des diapos de l’agonie de Valentine peinte par Hodler.
 
Irène Paulhan, qui s’est installée pour un temps chez le banquier s’interroge sur l’identité réelle de Valentine. Elle se met en quête de l’histoire de la jeune femme, se transporte par l’imaginaire dans la relation de Valentine et Hodler, depuis leur rencontre au Kursaal de Genève lors d’une soirée de music-hall. Elle se passionne pour la complexité du rapport amoureux entre Hodler et son modèle. Irène et Victor Zimmer décryptent les carnets de Hodler qu’on leur a confié, où figurent les esquisses érotiques et sexuelles de sa maitresse et modèle Valentine. Carnets où sont notés leurs échanges verbaux, souvent crus, leurs différends. Irène est prise de malaises fréquents, elle va consulter un gynécologue.
 
Les images de la longue souffrance de Valentine peinte par Hodler jusqu’au jour de sa mort, la troublent : Valentine Godé-Darel est morte d’un cancer des ovaires deux ans après avoir accouché d’un enfant, Paulette, dont Hodler est le père. Irène, sous le coup du destin tragique de Valentine et de sa fille, orpheline à deux ans, décide de reprendre contact avec sa mère pour lui confier son état et renouer le dialogue interrompu. À Évian, on lui apprend que sa mère est décédée peu de temps auparavant. De retour à la villa Les Narcisses, Irène questionne Victor : « que ferait-il si elle était enceinte ? ».
 
Dans l’atelier de Hodler à Genève, Paulette, la fille de Valentine, âgée de trois ans veut savoir qui est le vieil homme qui est représenté sur l’autoportrait en cours de Ferdinand Hodler vieillissant. « Ton père ! » répond le peintre dans un souffle.

Images du film